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Quand la mode se met au ready-made

Par Patrick Thévenin

CULTURES C’est l’histoire d’un tee-shirt, aperçu pour la première fois le 1er octobre 2015 sur le catwalk du défilé Vetements, la toute jeune marque parisienne, autant adulée que détestée et qui met le monde de la mode en émoi. Un tee-shirt jaune vif arborant fièrement le logo DHL, copie quasi conforme de celui utilisé par les salariés de la célèbre compagnie américaine de transport. Légère différence : une coupe plus ample et des bandes rouges légèrement élargies dans le dos.

Mode tendance vetement dhl

La griffe au-dessus des bandes.

Commercialisé l’hiver dernier, le tee-shirt, vendu 245 €, est vite devenu un obligé d’Instagram et rapidement sold-out, atteignant des prix encore plus indécents sur eBay et consorts, alors même que sa version originale est disponible sur le site de DHL à moins de 6 € – et encore moins dans tout magasin Guerrisol qui se respecte.

Mode tendance vetement dhl

L'Instatee-shirt

Si la mode s’amuse souvent à détourner les logos pour mieux se les réapproprier, l’attitude de Demna Gvasalia, le styliste d’origine géorgienne à la tête de Vetements (et ancien de l’équipe Margiela, déjà champion de la récup’) laisse le monde de la mode dans l’expectative…

Ccritique en bonne et due forme du libéralisme ? Foutage de gueule ? Réflexion sur le recyclage ? Second degré ? Tout un tas de questions auxquelles le styliste répond d’un simple : « C’est moche, et c’est pour ça qu’on aime ça. » Respect.

Tendance culture urinoir Duchamp

R. Mutt vs D. Gvasalia

Pour autant la démarche de Gvasalia fait étrangement penser à celle d’un Marcel Duchamp, inventeur du ready-made, qui, en apposant en 1917 une signature sur un vulgaire urinoir, l’a transformé en œuvre d’art ou, quarante-cinq ans plus tard, d’un Andy Warhol transformant la boîte de soupe Campbell en must-have du pop art.

Par la simple force du nom de sa marque et le prix indécent du tee-shirt DHL, Gvasalia prouve que la frontière entre contrefaçon et couture n’a jamais été aussi ténue. Ce sont les vendeurs à la sortie du métro Barbès qui doivent pousser des cris de joie !

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