CULTURES Il y a d'abord eu les affiches de concerts (le festival Villette Sonique), de films (Rohmer revu par Nine Antico pour la sortie du coffret intégral chez Potemkine) et les pochettes de disques (du groupe Brigitte, des compilations du label Kitsuné) qui ont toutes opté pour une illustration à la main.
Les magazines de mode s'y sont mis aussi. Les journaux féminins (Jalouse, Elle, Grazia, Stylist...) et masculins (Lui, GQ, M le mag) font de plus en plus appel à des dessinateurs pour des sujets « parfums » ou « cheveux », voire des séries mode ou des portraits.
Les noms qui reviennent le plus ? Violaine & Jérémy (phto du haut), Delphine Cauly (sous le pseudo « Eté 1981 »), Carine Brancowitz, Leslie David, Stéphane Manel, Jean-Michel Tixier, Charles Berberian ou Charlotte de la Rue… On se passionne également pour la ligne claire des images du New Yorker, éditées récemment en livres, et la revue branchée The Drawer http://www.thedrawer.net/ entièrement dédiée au genre qui a décidément bonne mine.
Longtemps considéré comme moins noble et moins coûteux que la peinture, le dessin s’est vu dédier pas moins de trois expositions le mois dernier à Paris : le Salon du dessin, Drawing Now et Ddessin.
Last but not least pour tout amateur ou collectionneur débutant, si le « gribouillis » a vu sa cote grimper au début des années 2000, il reste encore beaucoup moins onéreux et donc plus accessible qu'une toile : Arts Factory met par exemple en vente des travaux d’artistes réputés à moins de 250 €.
Ce engouement pour ce médium fragile, poétique, intime est sans doute une réponse à l'overdose de clichés photoshopés et filtrés qui inondent notre quotidien et les réseaux sociaux. Le trait possède une grande authenticité et nécessite des heures de travail manuel sans triche ni retouche. Ainsi la dessinatrice parisienne Helena Hauss peut passer jusqu'à trois cents heures à manier le stylo Bic avant d'arriver à une œuvre à la précision fascinante. Et mettre au point un bon gif, ça prend combien de temps ?