MODE Finie l’époque préhistorique où la wannabe mannequin courait les agences, book et composites à la main, en quête d'une bonne âme capable de la propulser en couverture des magazines féminins. Instagram, l'application de partage de photos aux 400 millions de fidèles, sert désormais de vitrine en ligne pour les aspirants supermodels.
Gigi Hadid et sa sœur Bella se contentaient il y a quelques années d’être les filles de Mohamed Hadid, magnat de l’immobilier, et de Yolanda Foster, ex-mannequin allemand reconvertie dans l'architecture d’intérieur, des « Real Housewives de Beverly Hills » apparaissant régulièrement dans le show de télé-realité du même nom.
Gigi et Bella sont désormais des mannequins stars, incontournables sur le scène internationale, tout comme leur amie Kendall Jenner, l'une des cadettes du clan Kardashian qui a su exploiter sa notoriété familiale pour s'imposer dans le paysage fashion. Les marques n’hésitent plus aujourd'hui à dépenser plusieurs centaines de milliers de dollars pour apparaître dans leur « feed Instagram », de quoi donner des idées à une génération de it-girls appâtées par le succès fulgurant de ces pionnières.
Les directeurs de castings recherchent des filles avec plusieurs milliers de followers.
Parmi elles, on remarque Kenya Kinski, fruit des amours de Nastassja Kinski et Quincy Jones, qui, après quelques campagnes pour Calvin Klein, se retrouve propulsée égérie du dernier parfum de Stella Mc Cartney aux cotés de Lourdes Leon, fille aînée de Madonna. Une ascension éclair pour cette « fille de » portée par près de 30 000 followers.
Ces self-made women correspondant pourtant peu aux critères du mannequin type se voient désormais proposer des contrats du simple fait de leur popularité virtuelle, à l'image de la Californienne Rachel Barnes (photo du haut), archétype de la beach babe californienne sexy, forte de ses 750 000 followers Instagram.
Le nombre de fans est-il devenu la carte de visite 2.0, enterrant le bon vieux casting à la sauvage dont a pu bénéficier Laetitia Casta ? Oui, à en croire Jennifer Power, bookeuse chez Next, à CR Fashion Book : « Les directeurs de castings recherchent des filles avec plusieurs milliers de followers, sur Instagram en particulier, pour les campagnes et les projets importants. »
Ironie du sort, Nadia Sherman, cofondatrice de l'agence Major Models, confie pour sa part au magazine de Carine Roitfeld que certains de ses mannequins « gagnent plus d'argent en postant une photo sur Instagram qu'en une journée de travail ».