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Quand c’est trop, c’est tropicool

Par Patrick Thévenin

DESIGN On pensait les plantes vertes désespérément ringardes, engluées dans les années 70, symboles d’une période révolue qui n’avait pas peur de la fumée de cigarettes, des blagues sexistes et des cuisines en formica.

Mais les palmiers d’appartement, les caoutchoucs, les philodendrons, les alocacias, les ficus – toutes ces plantes avec des grandes feuilles et des noms compliqués qui foutaient la jungle et prenaient la poussière dans les salles d’attentes des médecins, les resto chinois et les halls des administrations publiques – durent faire leurs valises pour toujours dans les années 90.

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Un intérieur Ikea.

Les caoutchoucs et autres palmiers font leur grand retour et s’affichent dans tous les endroits branchés et urbains.

Chassés par une décennie obsédée par le propre, les espaces vides et l’aseptisation, les yuccas, accusés d’abriter des mygales, et les palmiers, contaminés par les cochenilles, elles furent priés de déménager et de trouver de nouveaux espaces, en l’occurrence la poubelle, pas encore verte à l’époque.

C’était sans compter sur les caprices du design et de la tendance, qui n’aiment rien tant aduler ce qu’ils détestaient auparavant. On aurait pu aussi s’en douter : depuis quelques saisons, la mode et le design se sont mis au diapason de la passion dévorante pour le green, le véganisme, les jardins urbains et les jus verts. Sur les podiums des créateurs, et les portants des enseignes de fashion low-cost à la Zara, les imprimés végétaux sont partout.

Le papier peint, nouveau must de la déco branchée, se décline en forêt tropicale (merci Pierre Frey), le designer Sébastien Tricoire hybride design et végétalisme, et même Ikea s’est engouffré dans la vague tropicool.

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L'Alcazar végétalisé.

C’est peut-être pourquoi les caoutchoucs et autres palmiers s’affichent aujourd’hui un peu partout. A Paris, le célèbre cabaret l’Alcazar vient de faire sa mue, offrant carte blanche à Laura Gonzales, qui a transformé le lieu en serre tropicale où les plantes dégoulinent de partout ; le restaurant la Fidélité, dans le triangle d’or du Xe arrondissement, a fait une razzia sur les plantes exotiques ; et le Tiger, le nouveau bar à cocktails dont on parle (photo du haut), a recouvert ses murs d’imprimés Amazonie.

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, l’exoticool promet désormais de s’attaquer aux open-spaces, plusieurs études attestant qu’un espace de travail avec des plantes vertes augmenterait la productivité des salariés de 8 à 13% par un accroissement du bien-être et une baisse de l’absentéisme.

Bref, l’espace vert a de fortes chances de devenir la machine à café du futur et l’open-space, une gigantesque jungle. Mais pour une fois, ce ne sera pas Myriam El Khomri qui aura foutu le bordel !

Les adresses tropicool:
L'Alcazar.
La Fidélité.
Le Tiger.

 

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